Denis, quel bilan tirez-vous de l'édition 2007 de la Midi-Libre Cyclaigoual ?
"L'édition 2007 va garder une saveur particulière pour au moins deux raisons. Un parcours de derrière les fagots avec des petites routes techniques nous donnant la possibilité d'accéder à des cols sauvages : le col des Vielles, la luzette, le col du Pas, le col de l'Asclier, le col de la Triballe, au total onze cols sur le parcours Fenioux 07. Et puis la présence de Joop Zoetemelk, Karl son fils, le pilote automobile Stéphane Sarrazin,… Christophe Laurent et Jean-François Rodriguez. Au regard des éditions passées, je ne me rappelle pas si on a fait un record de participants ou même quelquefois du vainqueur ou de l'ampleur du déficit, mais je me rappelle où les concurrents sont passés et qui fut le parrain. Je garde en mémoire de voir cette star faire son effort anonyme au milieu des autres participants. Je me souviens aussi à quel endroit des participants ont crié à la voiture officielle 'on s'éclate'. "
Votre partenaire, Midi-Libre, vient d'être racheté par Sud-Ouest. Cela peut-il changer quelque chose pour le partenariat ?
"Je ne peux pas parler pour l'entreprise Midi-Libre, bien sûr, mais en ce qui concerne notre partenariat, en effet, ce dernier fait figure de dernier des mohicans tant les différents rachats ont fait, apparemment, changer la politique de partenariat. Mais ce qui est vrai c'est que les hommes restent chez Midi-Libre et la passion du cyclisme aussi. En tant que lecteur, je constate que, chaque année, un rédacteur va en envoyé spécial sur le Tour, sur le Dauphiné, sur les Championnat de France. Je pense aussi que le service promotion de Midi-Libre ne s'est pas occupé cinquante-trois ans du Grand Prix du Midi-Libre sans garder une tendresse particulière pour le cyclisme. Ils ne font plus rêver les gens au bord des routes grâce au Grand Prix, mais participent activement à ce que leurs lecteurs puissent se faire plaisir en tant que participants. En plus de rôle dans la promotion du cyclosport, ils ont une équipe dirigée par Jacques Durand, qui s'occupe à 100 % du fléchage du parcours, de la pose des potences pour les kilomètres restants etc... Enfin, je n'oublierai jamais que la première édition de la Midi-Libre Cyclaigoual est une initiative commune entre l'équipe de Jean-Pierre Gugliermotte du Midi-Libre et le Vélo Club Mont Aigoual Pays Viganais. Nous voulions, en 1999/2000, organiser une réplique d'une étape du Grand Prix du Midi-Libre pour les cyclosportifs, comme l'Etape du Tour. L'étape choisie était Saint-Geniez-d'Olt en Aveyron jusqu'à L'Espérou. Finalement, nous avons créé la Midi-Libre Cyclaigoual, avec un départ de Meyrueis en Lozère, une année, un départ du Vigan dans le Gard l'autre, et le projet initial prévoyait même de partir l'année III de Ganges dans l'Hérault et l'année IV de Millau dans l'Aveyron. Et recommencer en Lozère etc..."
Vous avez eu des difficultés à arrêter une date pour 2008. Quelles sont les raisons ?
"J'ai proposé à Patrick François, chargé de missions cyclosport à la FFC, et Roger Bordeau, que la Midi-Libre Cyclaigoual serve de support à l'organisation des Championnats de France Masters de cyclisme, parce qu'il semblait incongru que notre pays n'en ait pas un. Non seulement dans un délai très raisonnable, ils nous ont donné un oui de principe, mais en plus ils ont pris l'option courageuse de remettre le cyclisme sur route de compétition, dans le milieu naturel qu'il n'aurait jamais dû quitter. En ce qui concerne la date, depuis la création de la Midi-Libre Cyclaigoual, nous avions opté soit pour le dernier week-end d'août, soit le premier de septembre mais cela tombe en même temps que le Championnat du Monde Masters en Autriche. Il n'était donc pas possible de continuer à cette date."
Le Championnat de France Masters se déroulera-t-il sur les trois parcours ?
"L'idée de base est une catégorie tous les cinq ans. Les trois parcours commenceront par une petite portion neutralisée de 7 kilomètres, où nous espérons que régneront la sécurité et la convivialité. Ensuite trois parcours: le parcours Fenioux Multisports de 130 kilomètres et 2300 mètres de dénivelé, le parcours Perrier de 98 kilomètres avec 1500 mètres de dénivelé et enfin le parcours Oignons des Cévennes de 65 kilomètres avec 1130 mètres de dénivelé."
Qu'attendez-vous de ce plus en terme de communication ?
"L'organisation du Championnat de France Masters n'est vraiment pas du tout une opération de communication ! C'est une véritable volonté de mettre le cyclisme Masters en valeur. D'ailleurs, même si nous respectons tous les âges, nous sommes de fervents partisans du départ par handicap et ce depuis le début ! Ceci dit, cette année, pas de départ par handicap, sauf pour les premières catégories et Elites, car chaque groupe d'année d'âge a son départ propre. Donc par exemple le quatrième départ sera réservé aux dames de plus de 40 ans et aux hommes de plus de 60 ans, et nous ne souhaitons pas avoir un peloton famélique. Donc bien sûr nous tablons sur la mobilisation des Masters de France et donc sur la communication. En terme de communication, nous comptons sur le fait que la fédération mette vraiment en valeur le retour du cyclisme Masters. Peut-être aussi la présence du président sur le site. Comme on l'a écrit dans l'édito 2008, nous pensons que le sport de compétition est quelque chose qui peut et doit se décliner tout au long de la vie sans revêtir pour autant une connotation négative. C'est pour cela aussi que l'on pense que le cycliste Masters doit être ouvert sur les plus jeunes, se mélanger à eux et vice-versa, ne pas créer de carcan."
Quels changements cela entraîne-t-il pour votre organisation ?
"Au niveau du fonctionnement, rien de fondamental. Nous espérons, grâce au label Championnat de France, avoir la présence officielle de l'Escadron Départemental de la Sécurité Routière. Je vais prendre quelques risques en citant quelques noms. Pour 2008, l'inquiétude vient surtout des aspects financiers avec un coût d'organisation prévisionnel augmenté de 8000 euros, en plus des 51500 euros du bilan financier de 2007. Nous n'avons pas augmenté le prix d'inscription non plus, nous sommes nous aussi des pratiquants avant tout. Nous attendons donc avec impatience la réexamination de notre dossier par la région Languedoc-Roussillon et le conseil général de Lozère, le conseil général du Gard nous ayant quand à lui soutenu de manière plus importante que les autres années. Il ne faut pas oublier non plus que quinze jours plus tard, les 28 et 29 juin, nous organisons la 2ème Midi-Libre VTTAigoual-Coupe de France Marathon. Dernier point, nous aurons à composer avec un collège de cinq commissaires qui, nous l'espérons, garderont à l'esprit que la Midi-Libre Cyclaigoual est avant tout une épreuve de masse. Cela s'est bien passé avec les deuxcommissaires qui sont venus les années précédentes. Ceci dit, on ne donne pas onze maillots de champion de France à la légère."
Quels sont vos espoirs en terme de participation ?
"Comme à chaque édition, nous espérons que les gens partiront avec la banane et que certains laisseront des messages sympas sur Vélo 101. En terme de chiffres, c'est l'inconnue. Les routes, avec leur faible circulation, permettent une participation ardéchoisale. Notre organisation, en l'état des choses, est plutôt calibrée pour un maximum de 1500 participants ! Inscrivez-vous bien à l'avance et nous pourrons anticiper."
Peut-on en savoir plus sur la marraine 2008 ?
"Cette année, notre marraine sera Claudia Saintagne. Indéniablement, elle est moins connue que les parrains et la marraine précédents, mais c'est un choix assumé. Elle représente à mes yeux le cyclisme Masters en France avec ses quinze titres de championne du monde ! Elle a participé à deux Jeux Olympiques pour le Brésil. Elle semble flattée que nous ayons pensé à elle, et c'est bien sûr une source de satisfaction."
A titre personnel, à part la Midi-Libre Cyclaigoual, quelles sont les trois plus belles cyclos auxquelles vous ayez participé ?
"Je répondrai en utilisant les noms des cyclos auxquelles ma femme a participé, parce qu'elle en a fait plus que moi ! Mon niveau actuel me permet de faire des compétitions de 80 kilomètres pour les cyclos. Il faut que je prenne vraiment, que je me gère, mais c'est plaisant. Je compte néanmoins aller pour la troisième fois au Championnat du Monde Masters en Autriche en août. Parmi les dix cyclos différentes auxquelles j'ai participé, je dirai l'Ariègeoise, la Lozérienne, le Challenge du Nivollet... et je garde en mémoire des cyclos disparues telles la Maurizio Fondriest et la Tavelloise bien sûr."